Tout l'historique du débat sur les cols de Belgique et sur la philosophie déviante du club des Cent Cols

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Chapitre 1.

Pourquoi y a-t-il un problème "cols belges" ? Pourquoi ce petit pays, à moitié plat (nord) et à moitié vallonné (sud), a-t-il failli mettre en l'air un des plus beaux fleurons de la Fédération Française du Cyclotourisme et en tout cas du cyclogrimpisme depuis 25 ans? Ceux qui ignorent les tenants et aboutissants de cette problématique trouvent ridicules les deux clans. Ceux qui ont vécu de l'intérieur tout le déroulement depuis le début en ont presque fait une maladie. Une maladie de passionnés, peut-être parce que derrière tout cela, il y a du culturel profond qui resurgit du tréfonds des âmes entre deux nations profondément cyclistes, cyclotouristes et cyclogrimpeuses.

 

Dans "Nous les Cyclos", son livre paru en 1985, le journaliste cyclo belge André Tignon, consacrait son dernier chapitre à la naissance du premier col belge, situé sur la selle entre les deux monts du site Saint-Aubert qui domine la ville de Tournai à 145m d'altitude. "Le carrefour où Armand Jubaru trouva la mort, est un passage déprimé à 99m d'altitude et partage les eaux des deux versants", nous dit l'auteur. "Nous avons découvert notre col" renchérit-il. Le col de la Croix-Jubaru fut inauguré en grandes pompes avec le secrétaire général de la Confrérie des Cent Cols, M.Henri Dusseau.

 

Dans la foulée, Rudy Plomb et les montois eurent le deuxième col belge : le col del Saux, encore plus bas. Les départements français du Nord y allèrent de leur côté avec le col de Berthen-en-Flandres, de Sury,… Bref l'époque était aux créations, aux inaugurations et tout se passait agréablement : on s'amusait, quoi!

 

En tant qu'habitant de Belgrade (Namur) aux portes des Ardennes, Daniel Gobert, créateur du Cotacol "les 1.000 plus belles côtes de Belgique", ne pouvait supporter de voir une Confrérie de 5.000 membres ayant pour point de répère colistique en Belgique des "entre Mamelons" de moins de 100m. Ses ardennes culminent à 694m et les côtes qui s'y dessinent valent leur pesant de cacahuètes. Daniel a toujours désiré promouvoir le cyclogrimpisme en Wallonie et en Europe : il a ainsi créé le Brevet International du Grimpeur (les 1.000 plus belles ascensions d'Europe à gravir sur toute sa vie) et les Brevets à Dénivelé, sorte de pendants aux très difficiles brevets cyclo-montagnards ou cyclo-côteurs, accessibles aux cyclos belges. Dans la même optique, il alerte André Tignon, Rudy Plomb et Paul Gilson en 1990 pour créer la Commission Nationale de Reconnaissance des Cols de Belgique afin de motiver les belges à aller grimper ailleurs en s'inscrivant à la Confrérie et faire découvrir ses ardennes aux non belges.

 

Pendant ce temps, Claude Tallier (Namur) a fait inaugurer les 4 cols namurois : Suary, Marly, Ronchinne et Charlerie, aux alentours de 200-250m d'altitude. Gaëtan Desgain a fait inaugurer le 3e col hennuyer : celui de Landelies. Les français continuent avec dans les Ardennes Françaises : le col du Loup, inauguré par les autorités du département tout entier. Daniel découvre même sur les cartes IGM (militaires) de 1930 le col du Rideux (rider=glisser - luge) à Heyd en Ardenne profonde. Ce col subsiste encore sur nos cartes IGN actuelles. Il s'interroge aussi sur Pas Bayard, le lieu dit à Durbuy. La légende des 4 fils Aymon juchés sur leur cheval pour passer d'un seul pas l'ensemble des Ardennes, trouve la justification du passage "col géographique" à cet endroit.

 

La revue des Cent Cols collabore. Elle cite la liste des 8 noms : Jubaru, Saux, Marly, Charlerie, Ronchinne, Suary, Pas Bayard et Rideux. Elle laisse même paraître un article prônant la Haisette, ce magnifique synclinal de la Semois, comme 9e col potentiel. A la Commission Nationale de Reconnaissance des cols de Belgique, où quatre cyclos se réunissent à Mons, Daniel, qui sort du Cotacol, montre qu'il a toutes les données en mains, pour éviter de prendre un siècle pour faire naître tous les cols en Belgique, et propose une procédure "industrielle" pour le repérage, la ratification par les communes, le panneautage et enfin la mise sur carte. André et Rudy participent mais ne croient pas en la procédure, vu ce qu'il leur a fallu faire comme démarches pour leur propre commune. Paul Gilson est emballé et se met directement au travail de repérage qu'il affectionne particulièrement. Daniel croit en son for intérieur que de là va naître (c'est son idée de départ) environ 95 cols belges reconnus, qui, avec les 5 "plus de 2.000" permettraient aux belges de rentrer dans la Confrérie, puis après d'aller visiter la Haute Montagne.

 

Mais c'est le côté industriel et non historique qui peu à peu va envenimer les choses. Les lettres de la Confrérie sont d'abord rassurantes : nous savons que vous êtes des cyclogrimpeurs belges compétents. Ensuite, dubitatives : "faites toujours mais après un an, nous vous dirons quoi". Après, négatives: "nous ne pouvons accepter la liste telle qu'elle est fournie". Enfin, agressives : "vous avez contourné le règlement, vous avez profité de la faille qui existait dans l'article 2 pour vous y engouffrer et tricher, ce que vous faites est hors-la-loi,…"

 

En y repensant, on peut se dire que Paul et Daniel ont été victimes de leur travail rapide et du succès de leurs requêtes communales et cartographiques. Un premier repérage augurait de 1.000 cols possibles en Belgique, d'où la rumeur des "1.000 cols belges" comme dans le Cotacol. Paul et Daniel se sont eux-mêmes censurés avec une exigence mathématique "la limite minimum obligatoire d'une somme de 20m entre le col et ses deux monts dominants". On retrouva une liste de 442 cols potentiels. De laquelle aurait du sortir un petit quart accepté.

Chapitre 2.

Mais voilà : les conseils communaux ont marché. Même pire, certains ont demandé d'autres lieux qui n'étaient même pas des cols géographiques : La redoute, Mont-Theux, le mur de Huy,… La CNRCB a refusé pour cause géographique. Mais là où on pouvait s'attendre à de profondes réticences, les pouvoirs politiques belges ont répondu "oui!" en majorité. Après 5 ans, la centaine de cols reconnus était dépassée. La Confrérie a commencé à s'énerver…

 

De plus, la notion culturelle et historique de l'article 2 de la Confrérie avait échappé aux belges. Les cyclos de la CNRCB sont cyclos avant d'être culturels même s'ils sont enseignants. Cette valeur culturelle liée au vocable "col" imbriquée dans la scolarité française des montagnards ne pouvait leur être familière. En Belgique du sud, on parle le français mais avec des nominations topologiques appropriées au terroir, comme dans maints départements français d'ailleurs. "Col" est méridional mais fait partie de la culture cycliste. La Belgique étant une patrie cycliste au potentiel de centcolistes fort conséquent, il devenait normal à l'ère des médias d'exporter le vocable dans les autres patries du vélo. La Confrérie ne l'a pas supporté, surtout René Poty et ses partenaires Ph.Carrez et B.Pommel. Elle a vraiment eu peur. Les Belges allaient casser leur jeu.

 

Il y a eu pendant tout un moment une espèce de dialogue de sourds sur la liste de diffusion, et même avant par échange de courrier, avec des notions erronées de xénophobie ou d'impérialisme qui n'étaient pas le thème réel. Les belges ne comprenaient pas la volonté culturelle française et le Bureau de la Confrérie était persuadée que les belges voulaient tout saborder. On se mit sur des fronts d'incompréhension en opposant l'historique au géographique, le culturel au cyclotouristique, le psychologique fraternel à la crédibilité réglementaire,…

 

Le verbe se fit haut, les coups de poignard furent suivis de retours de service violents. Le Bureau ne dominait plus rien car l'article 2, simple et bon enfant, excellent pour amener un maximum de cyclos français, devenait criant de "flou artistique" lorsqu'il fallait l'adapter à l'étranger. Les listes espagnoles promues par les frères Casas Aragon, la fameuse liste des Valichi d'Italia de Georges Rossini vinrent s'en mêler. Il ne fallait pas oublier non plus les anciennes altercations sur le même problème avec les anglais de l'OCD pour les cols britanniques et Ludger Vorberg pour la Forêt Noire, altercations issues là du vocabulaire employé.

 

Bref, les "cols belges" furent rapidement diabolisés et le sont toujours aujourd'hui. Outre leur caractère industriel qui n'a pas laissé le temps au temps; la réussite de la CNRCB auprès des communes et la mise sur carte automatique par les Editions De Rouck des cols reconnus par ces mêmes communes, la forte population cyclotouristique en Belgique, et enfin, l'idée un peu trop généralisée du "plat pays" que serait la Belgique; en ont fait un cheval de bataille, mais aussi un bouclier que le Bureau et la toute nouvelle commission CERP créée pour contrer l'inflation des cols de toutes parts, ont utilisé pour faire oublier les plus épineux problèmes des pays hautement montagneux que sont l'Italie, l'Espagne, la Suisse, l'Autriche, l'Allemagne et les futurs pays de l'Est qui s'ouvrent au cyclotourisme.

 

Un Groupe de travail sur les cols belges composé de huit membres nommés par la Confrérie ou volontaires, dont André, Paul et Daniel, mais géré au secrétariat par Fernand Yasse, bien vu du Bureau, s'est réuni en Octobre 2001 à la demande de la Confrérie et a proposé de limiter la liste des cols belges aux 176 cols reconnus à cette époque. Cela fut refusé par la CERP.

 

En Mars 2002, la CNRCB a décidé de revoir ses listes comme vous le voyez sur ce site. Les 441 sont devenus 180 et seulement 124 reconnus parmi les 176 (ou 182 en régularisant) sont demandés par cette Commission.

 

On en est au stade où d'abord, le GTCB va devoir décider s'il suit ou non la CNRCB pour cette nouvelle proposition ou s'il propose autre chose. Il faudra voir ce que la nouvelle CERP et le nouveau Bureau décideront ensuite. Il faudra également suivre les résultats de la grosse réunion du "Raduno" pour le problème des cols italiens. Il faudra suivre aussi si les frères Casas Aragon accepteront de retravailler avec des gens qui semblent ne pas avoir accepté leurs visions espagnoles des cols sur la liste. Voir aussi si le groupe suisse va travailler et comment…

 

Bref, on n'est pas au bout de la route.

On est peut-être aujourd'hui juste à l'endroit du col, là où il y a mieux (plus haut) à gauche et à droite, là où derrière soi le plus difficile est accompli et là où devant soi la descente bienfaitrice s'annonce. Espérons-le pour tous!

Chapitre 3

Tout ce qui précède procède du résumé de mes pensées en mars 2002. Nous sommes en mars 2005 et rien n'a changé. Efin, si les italiens ont créé l'UIC, frère ennemi italien des CCC et les cols belges sont toujours au placard .

 

Je viens personnellement de quitter la liste de diffusion des Cent Cols car il semble que la simple présence de ma petite personne oriente de manière faussée les débats internes et que certains dirigeants tendent à innover plus dans le but de me contrer et non de faire avancer la Confrérie. Ce qui n'est pas le but originel, vous en conviendrez.

 

Très largement, sans rentrer dans des détails de luttes personnelles, je tiens à émettre les avis suivants.

1) Le "cyclogrimpisme" au sens large mérite pour l'avenir une analyse moins fermée, moins réductrice et moins autosatisfaite de la part de la plus grande Confrérie qui le pratique. La pratique d'un hobby, en plein air, basé sur l'effort gratuit, apte à donner à tout un chacun un équilibre personnel, mérite une mise en pratique large, variée, et où toutes les Confréries s'unissent pour offrir un panel capable de maintenir une motivation permanente chez tout cyclo issi de n'importe quel pays.

2) Le Club des Cent Cols a une fâcheuse tendance à oublier qu'il est un club de cyclos basé sur le cyclotourisme. En comparant avec un brevet existant à la FFCT, appelé BPF, Brevet des Provinces Françaises, le club s'occuperait plus d'analyser les budgets communaux que l'attrait touristique ou cycliste du lieu visé. L'analyse de ce qui est ou n'est pas un col, et qui est le motif initial pour rouler en montagne, est devenu un but en soi, une sorte d'intellectualisation à outrance du phénomène.

3) L'origine alpine et française du club a tendance à suivre ce que la plupart de pays européens reprochaient à la France lors d'un débat télévisé sur TF1 juste avant les dernières élections européennes : le tort de penser que le Monde n'est rien d'autre qu'une France élargie. La volonté systématique et sans ouverure possible d'agréer des comités dans divers pays avoisinants, comprenant des membres acquis à la cause de la pensée unique, afin d'entériner des listes de cols qui suivent le modèle alpino-français de signalisaion, de marquage et d'appellation, me semble un forcing culturel qui laisse peu de place au droit de chaque pays de disposer de lui-même. Au contraire, les différents panneaux que vous pouvez visionner sur ce site, prouvent à suffisance l'incroyable panel éclaté des genres et formes de signalisation de cols. Voici quelques points incontournales :

a) le mot "col" est un mot français et a très peu de traduction étrangère dans le monde. Les mots "porte" ou "passage" sont nettement plus usités dans les traductions.

b) beaucoup de pays ne notent pas l'intitulé nécessairement, se contentant souvent de sigles (la petite porte en Islande, les deux parenthèses symétriques en ex-Yougoslavie), ou de la dénomination seule (Espagne).

On peut par conséquent s'étonner avant de lancer les groupes nationaux, qu'il n'y aît pas eu une étude générale de la signalisation sur cartes et sur le terrain dans tous les pays du monde, afin par après d'en retirer un canevas dans lequel chaque pays pourrait retrouver ses jeunes. Inclure le système alpino-français dans le monde me semble plus juste que d'élargir le système alpino-français au monde.

Il semble que ce soit la peur de devoir retravailler les listes existantes qui ait le plus motivé le statisme actuel.

4) Le système de communication actuel à la direction de la Confrérie est complètement déviant. Sur près de 6000 membres dont plus de 3000 actifs, un dixième est inclus dans une liste de diffusion. C'est donc là que se situe la partie active de la Confrérie en matière d'évolution, même si la partie active de la pratique se fait individuellement ou en groupe sur le vélo. Le bulletin "Info-cent cols" et la revue sont purement informatifs et ne donnent pas de place au débat. Les élections se font en assemblée plénière en un lieu bien déterminé toujours en France. On se retrouve devant les constats suivants :

a) la partie active de la Confrérie en matière d'évolution n'est pas la partie active lors des décisions institutionnelles. La plupart des membres votants ne sont pas connaisseurs des débats internes au sujet de la Confrérie.

b) Le président et le Secrétaire Général pratiquent la "loi du silence". Ils ne se font entendre que via des textes officiels sur la liste de diffusion, prêtant le flanc à toutes les suspiscions puisqu'ils ne précisent jamais leurs positions sur les divers sujets, les réservant à l'intérieur de mini-structures, élues certes, mais dans les conditions énoncées ci-dessus.

c) Tous les intellectuels et/ou les compétents, voire spécialistes, sur le sujet, ayant une vision légèrement différente de la pensée unique, se sont désinscrits de la liste de diffusion ou y sont encore mais avec une rancoeur tenace. Il n'y a aucune place quelque part pour laisser à un programme légèrement différent le droit de s'expliquer vis-à-vis de la majorité des gens actifs en matière d'évolution. Les dirigeants, s'appuyant sur trois ou quatre désistements ou irritations de membres ne s'exprimant jamais par ailleurs sur les listes de diffusion, montent en épingles leurs propos, parlent à la place de la majorité des membres sous prétexte qu'ils sont élus par eux afin d'expédier sur une liste "bis" les trouble-fêtes un peu trop connaisseurs. Comme si le fait d'avoir été élu faisait en sorte que tous les membres automatiquement étaient d'accord avec l'ensemble de toutes leurs décisions. Sur la liste "bis", ceux qu'ils appellent les "révolutionnaires", les "quelques rares membres qui ne sont pas d'accord", sont tous d'accord entre eux, représentant quand même plus ou moins 40% des votants au dernier référendum; mais ne parlent qu'entre eux sans pratiquement jamais avoir des organes décideurs une seule intervention.

d) La CERP, organisation dirigeante, chargée d'entériner les listes de cols, n'a qu'une voix consultative. La décision finale émarge uniquement au Conseil d'Administration. Cette CERP n'a aucune antenne extérieure, vit en vase clos. Elle reçoit les documents nécessaires à son travail du CA et lui renvoie ensuite son avis. Les membres n'ont aucun retour individuel motivé sur leurs propositions éventuelles.

5) Illogisme et Inéquité

Nous vivons dans une Confrérie où les illogismes et inéquités sont légion.

a) Des cols sont refusés pour cause de résultat d'un référendum non repris dans le réglement. En effet, l'article 11 du réglement sensé les supprimer est juste une invitaion à "ne pas faire" et non un rejet de ces dits-cols.

b) La Confrérie par contre se dit incapable de vérifier annuellement la liste de tous les membres, laissant à chacun sa propre auto-censure. La plupart des belges ont ainsi des cols belges dans leurs listes, refusés, mais inclus quand même ???? A quoi cela sert-il de chicaner sur une approche très idéaliste et ciblée du col pour accepter par la suite n'importe quoi dans les listes.

c) Certaines régions offrent chaque hiver la possibilité à des membres de grimper vingt nouveaux cols en restant dans leurs fauteuils, vu la découverte de lieux de passage, ne demandant pas d'effort cycliste.

d) Certains groupes nationaux sont composés presque exclusivement de français.

e) Tous les réglements sont basés sur l'intitulé sur des cartes existantes. Mais c'est refusé dans certains cas sans justification réglementaire. On analyse actuellement à la CERP la "reconnaissance" des cartes De Rouck en tant qu'outil fiable. Il est étonnant de constater qu'une association puisse incriminer le droit de cartographie à un organisme privé (Michelin) et le refuser à un autre (De Rouck). Le simple fait de se poser la question tend à prouver qu'il s'agit bien plus d'une "chasse aux cols belges", comme il s'est agi en Italie d'un "assassinat en règle du catalogue bâtard de Georges Rossini" , que d'une volonté bien nette d'une internationalisation logique et équitable.

Chapitre 5

Parce qu'il ne m'a jamais plu de critiquer sans moi-même m'impliquer dans le débat avec des propositions claires et motivées, je proposerais, si j'avais la volonté d'être élu le programme suivant. Il est à noter que je n'ai jamais eu la volonté de me présenter, les places de Président du BIG et de responsable des CCC étant à mon avis, incompatibles et une perte d'ouverture pour le cyclogrimpisme.

1) Recentration sur le cyclo et le vélo

Les listes proposées ne seront plus proposées uniquement à partir d'une recherche approfondie géographique, toponymique ou historique du "col".

Une analyse à l'échelle mondiale faite par un groupe restreint de gens compétents (preuves à l'appui) donneraient en un an de travail, avec deadline (date-butoir) un résumé complet de toutes les manières de représenter un col dans les pays et/ou les régions, par pays ou régions.

Instauration à l'intérieur du groupe de travail d'un nombre déterminé de critères existants à l'échelle mondiale. Ces critères pourront aussi être de l'ordre de l'intérêt cycliste et non plus seulement de l'intérêt intellectuel. Essai d'instauration d'un tableau de référence donnant à chaque "passage" le droit d'aller en division 1 (critères suffisants et plus de 2000m), en division 2 (critères suffisants et correspondant à une pratique universelle), en division 3 (critères suffisants mais correspondant à une pratique limitée) ou le malheureux constat d'être réjeté (critères insuffisants).

A la sortie, un seul article supplémentaire dans le Réglement remplaçant l'article 11 : "Toute centaine ne peut incorporer plus de 5 cols de la liste annexe (appelée division 3 dans ce texte)." Pour le membre, il continuera à envoyer ses listes issues de la liste générale avec l'obligation de 5 plus de 2.000 (division 1) par centaine, mais avec, en plus, l'interdiction de dépasser plus de 5 annexes (division 3).

2) Humanisme, équité et logique.

A une date précise, on entérine sans sourciller les résultats antérieurs, sans les analyser (humanisme pour les efforts et les réussites antérieurs).

A partir de cette date, tout nouveau col déclaré le sera selon les nouveaux critères.

La CERP sera ouverte en antenne sur des groupes nationaux composés uniquement d'autochtones, eux-mêmes ouverts sur les propositions de membres. La CERP fera paraître la liste des cols. Les groupes nationaux seront chargés de répondre aux membres en leur précisant pour leur proposition le nombre de critères atteints.

Les nouvelles propositions demandant d'éventuels nouveaux critères à prendre en compte seront réétudiées chaque année par la CERP, composée de représentants de tous les groupes nationaux. Ces critères seront donc évolutifs et en phase avec l'évolution de la pratique dans chaque pays.

La CERP aura pour souci continu le maintien de la motivation (ni trop ni trop peu - intérêt à l'Homme), l'équité (même pratique quel que soit le pays ou la région) et la logique (ne pas prôner un élément et son contraire, éviter l'arbitraire,...).

Daniel Gobert, le 23 mars 2005.

Chapitre 6

Nous sommes 5 ans plus tard en 2010. Plus de GTCB, plus de CNRCB, plus que les CCC. Les belges ont accepté leur peine et d'être mis en quarantaine. Ils sont les seuls en Europe à avoir des cols reconnus par leurs autorités nationales officielles, dont presque une centaine panneautés de manière officielle par le M.E.T sous un panneau F35 à emblême touristique et pour lesquels le club des cent cols refuse toujours leur accréditation.

J'ai voulu tester après le passage du tour de France par les cols du Stockeu (lourdes chutes éparses des coureurs dans la descente) et du Rosier cette année, d'envoyer un seul col à l'étude du CERP (le groupe filtre et censeur des CCC). Ce col est donc repris tel quel dans l'itinéraire officiel du tour (comme le Stockeu), est aussi repris dans les dépliants touristiques régionaux, dans Liège-Bastogne-Liège,... C'est un col géographique incontournable sis à plus de 500m d'altitude. Un bon col, quoi ! Nous sommes fin octobre et je n'ai eu aucune réponse. Même pas un accusé officiel de réception. Un cerpien m'a juste communiqué à titre privé que ce col avait peu de chances d'aboutir à une reconnaissance.

J'ai lancé à la Fédération Francophone belge du cyclotourisme les randonnées Randocols, qui vont être incluses au calendrier fédéral sous ce label, si elles passent devant un des panneaux de cols belges. Au moins les cols belges vont servir à plus de 12000 cyclos belges, puisque les français n'en veulent pas. Autant qu'ils servent quelque part à découvrir nos belles Ardennes et leurs fleurons.

L'équipe dirigeante a changé à la tête du club des cent cols. Mais les barons du col sont toujours à la barre de la CERP, agissant toujours comme des intellectuels géographes défenseurs de la culture franco-française et oubliant toujours l'intérêt cycliste que peuvent procurer certains noms et certains lieux. C'est toujours dommage de le constater. Mais ça ne me fait plus mal. De nombreuses marques de sympathie me viennent de partout et le challenge B.I.G comble tous mes espoirs dans le cyclogrimpisme. Je reste triste car j'aime les Ardennes et leurs hauts lieux cyclistes mais je garde un secret espoir pour l'avenir... sans rancoeur et sans animosité malsaine.

Daniel Gobert, le 24 octobre 2010.